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# Innovation sociale
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« On a la population que l’on mérite. » Voilà une phrase qui pourrait sonner comme une critique dure. Mais venant de Jean-François Caron, le maire de Loos-en-Gohelle, ville du bassin minier du Pas-de-Calais pionnière dans le développement durable, c’est au contraire tout un programme : « si vous prenez les gens pour des sujets, en soumission, que vous n’expliquez pas ce que vous faites mais que vous l’imposez sans problématiser, sans argumenter, les citoyens sont dans une espèce de confort et ne s’investissent pas dans la vie de la communauté

Alors, depuis son élection en 2001, il décide de mettre en place la démocratie participative, ici appelée « la participation habitante ». Cela passe bien sûr par un travail avec les associations, des réunions publiques, la multiplication des FPH (Fonds de participation habitants) mais aussi des initiatives comme le « fifty-fifty » : Une initiative d’habitants comme un fleurissement est par exemple financée par la mairie (bacs et graines) et ce sont les habitants à l’origine du projet qui prennent en charge la gestion quotidienne (arrosage, entretien).

Pour lacomu.fr, il présente les intérêts de cette méthode pour une ville mais aussi pour la société :

Créer du collectif : Associer les gens, c’est les faire exister, c’est faire société. En multipliant les processus participatifs, vous multipliez les occasions pour les citoyens d’entrer dans la communauté. Si vous voulez faire de la participation, la règle numéro un, c’est de parler des problèmes concrets. Si je veux parler du réchauffement climatique, je vais l’aborder par la sécurité routière : comment conduire autrement son enfant à l’école, ne pourrait-on pas aller à l’école à vélo ou à pied ?

Plus d’expertise et d’efficacité dans les dossiers : Les dossiers deviennent plus fiables, chaque habitant a une expertise. Je ne peux pas être à la place de chaque habitant, c’est à eux d’apporter leur expertise, leur vécu, leurs envies. On donne plus d’intelligence aux projets. Ceci donne également plus d’efficacité car des citoyens associés à la discussion sont des citoyens peu ou prou parties prenantes de sa mise en œuvre.

Légitimité plus grande des élus : La participation c’est un processus, c’est plus que se réunir et discuter. Cadrage, compte-rendu, suites, il y a plein de conditions à réunir pour qu’elle fonctionne. Evidemment que dans l’expression des habitants, il y a des points de vue différents, parfois on peut traiter les choses par consensus mais pas toujours. Et contrairement à ce que crient beaucoup de mes collègues, ceci re-légitimise la démocratie représentative car les gens attendent un arbitrage. La participation habitante permet aux gens de comprendre le travail de l’élu et ensuite d’attendre un arbitrage de sa part.

Faire société : Dans le processus de participation, les gens sont arrivés en usagers ou consommateurs, ils ressortent en citoyens. Le drame actuel, c’est que les gens consomment de l’action politique comme ils consomment des produits. J’ai plein d’exemples : « je paie les impôts, donc j’ai droit à… ». Les gens sont dans un calcul de retour sur investissement de leurs impôts. Tous les maires vous décriront une posture de plus en plus consumériste de l’action publique. J’estime au contraire qu’il faut retravailler la question de la responsabilité des habitants. Si vous maintenez les gens en position de sujets, vous ne travaillez pas leur responsabilité. Ce peut être moins confortable d’avoir des habitants responsables… mais des habitants sujets, quand ils ont envie de vous détruire, ils mettent un bulletin FN dans l’urne.

Un ensemble d’arguments qui font dire à Jean-François Caron que le politique peut, avec de nouveaux outils, de nouvelles pratiques, contribuer à ré-enchanter la société :

De mon point de vue, la réussite pour transformer la société est une affaire d’agencement d’acteurs. Au début du XXIème siècle, mettre en place une stratégie de changement, c’est d’abord regarder comment l’ensemble des acteurs se coordonne pour engager la mutation. Vous n’engagez pas la mutation économique sans les acteurs économiques, ça ne se décrète pas. Je suis dans l’idée que l’on fait du co-working avec la société pour l’aider à la faire évoluer. La façon dont les acteurs rentrent dans un projet, s’y impliquent est absolument décisive.

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Un commentaire sur La « participation habitante », faire du co-working avec la société

  1. Pingback: Interview donnée à l’Agence de communication Sous Tous les Angles concernant l’implication habitante : | le blog de Jean François Caron

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